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"La Balle est faute"

Sortie début mai 2009...

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en URSS contre Israël en 1984    je constate la faute d'un juge de ligne !

Incrédules ou méfiants ce livre n'est pas pour vous !
Pourtant toutes ces anecdotes sont rigoureusement exactes,
elles se sont déroulées parfois devant des milliers de témoins.
Patrick Flodrops a été le juge-arbitre de plusieurs tournois de plus de 10 000 joueurs pendant 20 ans, ce sont donc près de 300 000 joueurs qu'il a supervisés !
Tout pouvait arriver, tout devait arriver, tout est arrivé !

Des situations extraordinaires en Coupe Davis
Etonnants ! les champions des années '80' : McEnroe, Borg, Noah, Nastase...
Les tournois français sont les plus grands du monde en nombre de joueurs.
Ils révèlent les manies, voire les folies de joueurs, d'arbitres et de juges-arbitres !
Vous ferez des rencontres étonnantes et découvrirez des dizaines et des dizaines d'anecdotes incroyables mais pourtant... bien réelles !

Extraits ...
"Un beau jour de mai 1985, Yannick Noah est opposé à José-Luis Clerc. Avant le début du match, Noah me dit en catimini : "Fais gaffe, il est très lent, surveille le chrono".
Après un quart d'heure de jeu, voici notre Yannick qui vient me parler du temps, pour lui excessif, que met Clerc avant de servir. Reconnaissons que ce joueur est lent sans dépasser les trente secondes réglementaires à l'époque (délai ramené à vingt secondes depuis). Là, je réponds à Noah : "Ne t'inquiète pas, je surveille le temps, il ne l'a jamais dépassé, laisse-moi faire mon boulot, joue tranquille"
Vingt nouvelles minutes plus tard revoilà Noah, "furibard" qui me dit : "P…, m…, il est trop lent, qu'est-ce que tu attends ?"
A ce moment, je crois fermer le micro du Central. Erreur ! Je ferme celui d'Antenne 2 et me penche vers Noah en criant plus fort que lui : "Tu vas m'em... longtemps ? f... moi la paix, je surveille le temps toi tu joues et maintenant
m… Ok ? m… !" ... 
et l'écho du Central : "m… !
m… !"
Noah s'éloigne, me regarde, sent que j'ai été un peu loin. J'entends un silence pesant, assourdissant qui plane sur le Central.
Puis un sifflet, dix sifflets, cent, mille, dix mille sifflets ! Le Central tout entier me conspue.
Je contemple ce stade hurlant et pense in petto : "Très bien, bravo, mon bon Patrick, belle boulette ! Tout le monde te siffle".
Eh !  Stop ! non, pas tout le monde : Pierrette, mon épouse est dans la tribune . Je la repère et… la vois en train de me huer… elle aussi !
Ah bon ! Donc, il me sifflent bien tous… J
e suis un mari marri
...

Cette année là, McEnroe décide d'être gracieux avec ces Français qui l'accueillent si bien à Roland Garros : il apprend un mot de cet étrange langage, le mot "
eau". Il ne prend pas de gros risques.

Au début du match que j'arbitre sur le Central, McEnroe arrive en saluant le public à la manière des gladiateurs romains. 
Il ôte son survêtement en marmonnant "Ô" une, deux, trois fois sur le même ton. Le ramasseur pourtant habitué à servir promptement les joueurs ne comprend rien et me regarde perplexe. Je ne comprends rien moi-même et l'indique au jeune homme d'un haussement d'épaule. "Ô" réitère John. 
Nous sommes cois. 
Soudain, McEnroe nous explique sa requête en hurlant en anglais : "Est-il possible dans ce p… de pays d'avoir un peu d'eau ? est-ce possible ? oui ou non ?"
S'en suit une bordée d'injures inexprimables…ici !
Une bouteille d'eau lui fut aussitôt offerte mais son effort d'apprentissage de notre belle langue s'est arrêté là.
...

En matière de juges de ligne, au début des années 1980, il y en avait pour tous les goûts :
-         ceux qui, a
rrivant de province, apportent leur valise sur le court pour garder l'œil dessus
-         ceux qui ont leurs petites manies : quitter le court, quel que soit le score, à midi pile pour aller déjeuner
-         d'autres qui se placent dans l'axe des caméras de la télévision afin que leur maman les admire
-         ceux qui félicitent un joueur d'un clin d'œil ou d'une tape dans le dos !
-         d'autres encore s'attribuent toujours la même ligne, une manière de spécialité comme Monsieur Leps, octogénaire, aviateur héros de la guerre de 1914, qui est toujours sur la ligne extérieure droite, impossible de l'installer ailleurs
-         certains portent des chapeaux parfaitement ridicules, à la Tati, chapeaux de paille ou bob, parfois des mouchoirs !
-         d'autres encore papotent avec les spectateurs ou tentent "quelque chose" avec une jolie spectatrice située derrière eux
-         d'autres enfin dévorent un sandwich et, la bouche pleine, ont des difficultés pour annoncer : "Faute".
Par ailleurs, on voit quelques coquetteries chez les uns ou les autres : outre les bobs, canotiers et autres casquettes ignobles, des crèmes solaires épaisses, la hantise des septuagénaires étant le coup de soleil, des chaussettes de toutes les couleurs, des écharpes, cache-nez, des gants quand il fait frisquet ou autres paletots qui rendent l'ensemble aussi vilain qu'hétéroclite.
Quant à leur comportement, jugez un peu.
Certains, encore en activité, téléphonent du bureau pour connaître le score du match précédant le leur et bondissent vers Roland Garros afin d'attraper la chaise à temps.
Certains autres, comme Emile T., s'endorment sur le court. Les rotations des juges de ligne toutes les 90 minutes viendront les aider à se tenir éveillés.
Un jour, alors que je suis sur la chaise du Central, qu'une petite pluie intermittente oblige nos juges à porter le k-way de rigueur, je m'aperçois que Marcel A. de Clermont-Ferrand fume une cigarette en plein match. Au changement de côté, bien qu'il tente de dissiper les volutes de fumée en agitant sa cigarette derrière son dos, je vois la fumée qui s'élève derrière lui.
Je l'appelle et lui dis discrètement : "Marcel, tu fumes !
- Oh, non Patrick, je ne te ferais pas ça, pas à toi !
- Mais si Marcel, tu fumes !"
A cet instant, je parle du fait que derrière son dos sa cigarette a allumé un brasier avec son k-way. Il fume noir et épais. Sans plus écouter ses dénégations, j'appelle les pompiers et ils arrosent de neige carbonique ce pauvre Marcel qui allait partir au ciel en fumée.
...  

Charles de la B., lui, lit le Monde économique sur le court et daigne parfois, quand l'article est rasoir, jeter un coup d'œil sur sa ligne. Négligemment.
...  "