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Guy Dupont

Le bridge aujourd'hui

 

Septembre 2009 : Cocorico !

            Bel exploit pour la France aux championnats d’Europe juniors, en juillet, à Poiana Brasov (Roumanie), avec un beau triplé de médailles : l’or pour les moins de 26 ans (Thomas Bessis, Volcker, Lorenzini, Robert, Grosset, Lhuissier), l’argent pour les jeunes-filles (Melles Canone, Carbonneaux, Chaugny, Puillet, Robert, Thizy), et le bronze (arraché sur le tout dernier match) pour les moins de 21 ans – avec une équipe très jeune et peu chevronnée. Le dernier titre européen junior remontait à 1988, à Plovdiv (Bulgarie). L’équipe était alors composée de Dammame, Desrousseaux, Louchart, Multon et Quantin.

            Dans un papier (très drôle) du Bulletin quotidien de ces championnats, présentant l’équipe féminine française, médaillée d’argent, on a appris que trois des six joueuses avait leur petit ami dans l’équipe junior : Léa Robert et Thomas Bessis, Aurélie Thizy et Cédric Lorenzini, Marion Canonne et Quentin Robert. Effets secondaires bénéfiques du bridge : non seulement la compétition permet de resserrer les liens d’amitié entre les peuples, mais, accessoirement, une fédération peut faire fonction d’agence matrimoniale, ou, à tout le moins, de club de rencontre.

            En évoquant l’épreuve féminine junior européenne, la FFB s’obstine à employer le terme de championnat des girls. Bouillie de franglais. Pourquoi ne pas dire simplement filles ou jeunes-filles ? Elle devrait veiller à défendre notre langue plutôt que de céder à ce genre de snobisme linguistique.

                                         Médaille de bronze et carton jaune                          

            Le moins que l’on puisse dire est que la fédération française a opté pour un « service minimum », à l’occasion des premiers championnats du monde juniors open (ouverts à tous les bridgeurs de moins de 26 ans, et aux associations transnationales), qui ont eu lieu à Istanbul, du 15 au 23 août. Une seule équipe tricolore y avait été envoyée : Lebatteux-Lhuissier, Andrea-Kilani, Franceschetti-Grosset – quatre d’entre eux étant champions du monde des moins de 21 ans, à Pékin, à l’automne dernier. Elle a fait mieux que se défendre, cette jeune formation, parmi des équipes plus âgées et plus expérimentées : ayant terminé à la quatrième place des éliminatoires, elle a été battue en quart de finale par l’Italie. En outre, Lebatteux-Lhuissier ont décroché une excellente médaille de bronze dans le championnat du monde par paires. L’épreuve par équipes a été gagnée par une formation tchéco-japonaise, qui a battu l’Italie en finale, et le championnat par paires par l’association mixte néerlandaise Marion Michielsen (déjà star dans son pays, et même au-delà)-Tim Verbeek, devant une autre paire mixte, polonaise celle-ci, Melle Zmuda-Krusa.

            Bizarrement, on n’a pas, à ce jour, trouvé trace de ces résultats sur le site internet de la FFB. Curieux pied-de-nez à l’objectivité ! La fédération française a, en revanche, tambouriné à qui mieux-mieux sur le championnat d’Europe par équipes, un mois plus tôt, en Roumanie – et c’est tant mieux. Mais y aurait-il deux poids deux mesures, selon qu’une épreuve est organisée par la Ligue européenne de bridge (dont Yves Aubry, président de la FFB, brigue le poste de président) ou par la Fédération mondiale (où les relations entre le président en exercice, José Damiani, et Yves Aubry sont déplorables) ? Cette différence de traitement me paraît relever de la « faute professionnelle » et devrait valoir un sérieux carton jaune à notre président national. Mais qui va le lui donner ? Il a trop de courtisans à ses pieds. Par comparaison, les Néerlandais avait envoyé cinq équipes à Istanbul, et l’Italie, trois. La FFB a tort de faire des économies sur le dos des juniors, qui sont le fer de lance du développement du bridge. Il est indispensable que nos jeunes bridgeurs s’aguerrissent au feu de la compétition internationale. C’est un investissement, en quelque sorte. Il y aurait, en revanche, bien des économies à réaliser notamment sur les frais relevant de la compétition internationale chez les grands. Cela dit, elle en a déjà fait un peu, malgré elle, avec une seule équipe qualifiée dans les trois épreuves des championnats du monde, qui débutent le 30 août à Sao Paulo – l’équipe féminine, dans la Venice Cup, qui sera parmi les favorites.   

Sur les traces de papa

            Il y aura un petit Meckstroth en finale du championnat du monde juniors, l’an prochain, à Washington : il s’agit de Matthew, 23 ans, dit Minimeck, le fils cadet de Jeff (huit titres de champion du monde - le dernier tout chaud à Sao Paulo -et 44 titres nationaux américains), qui a réussi à se qualifier dans l’une des deux équipes américaines des moins de 26 ans. Il s’est déjà illustré dans différentes compétitions américaines depuis quelques années (il a gagné deux Mini-Spingold, en 2003 et en 2007). Le mois dernier, il a participé aux 1ers championnats du monde juniors open, à Istanbul. Son équipe a dominé les éliminatoires (sans avoir perdu le moindre match !), avant de se faire battre en demi-finale par l’Italie - obtenant finalement la médaille de bronze. Il est sympa, le jeune Matt, amateur de basket et de foot (et aussi de vin rouge !), et vous pouvez faire plus ample connaissance avec lui sur son site internet : www.minimeck.com , ou même le retrouver sur BBO, sous le pseudonyme de minimeck.